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Le 17 juin,
ce sera sans nous !
Le mardi 27 mai, le
ministère du travail a fait parvenir aux partenaires sociaux un avant projet de
texte sur la démocratie sociale Ce
texte se divise en deux volets.
Le premier volet consiste
en une reprise intégrale de l’accord Medef, CGPME, CGT, CFDT sur la
représentativité syndicale que nous condamnons sans appel
;
Le deuxième volet est
consacré au temps de travail. Tout en maintenant la durée légale du travail à 35
heures, l’avant-projet de loi permet d’assouplir - par un accord d’entreprise-
encore plus l’application des 35 heures et va jusqu’à les vider dans certains
cas de leur sens, ce qui, pour nous, n’est pas
satisfaisant.
A la connaissance de ce texte,la CFDT et la
CGT ont crié à la trahison estimant que
le gouvernement devait s’en tenir à la transcription de l’accord dit «
Position Commune sur la représentativité » et seulement à
cela.
CFDT et CGT refusent donc
que figure dans la loi toute la partie liée au temps de
travail.
Devant le refus
gouvernemental de modifier l’avant-projet de loi, la CFDT et la
CGT ont, le jeudi 29 mai, appelé à une
journée d’action le 17 juin à la fois sur le temps de travail et les
retraites.
Voilà les
faits.
Quelle analyse peut-on en faire et quelle sera notre
position le 17 juin ?
L’arroseur arrosé était un
grand succès du cinéma muet. Nous en avons aujourd’hui la version syndicale sur
le grand écran de nos relations sociales.
Car enfin qui peut
s’étonner de ce qui est en train d’arriver ?
En signant avec le Medef et
la
CGPME
l’accord sur la représentativité syndicale, CFDT et CGT ont fait de l’entreprise
et d’elle seule le lieu unique dont va découler la légitimité des
syndicats.
CFDT et CGT ont théorisé
cela en expliquant à qui voulait les entendre que les seules élections qui
comptent sont les élections au sein de l’entreprise, notamment les élections au
Comité d’entreprise, en oubliant de dire que ces élections
concernent moins de la moitié du salariat.
Pour de basses raisons
d’appareils que nous connaissons, ils ont refusé que les élections
prud’homales soient le juge de paix de la représentativité
syndicale.
Ils en payent aujourd’hui
le prix et les salariés avec eux. Une note qui malheureusement risque d’être
encore plus salée.
En faisant des élections
d’entreprise le lieu unique de la légitimité syndicale, CFDT et CGT ont de fait
validé la grande idée du Medef de faire de l’entreprise, au détriment de la
branche, le lieu essentiel de la production des accords qu’il s’agisse du temps
de travail aujourd’hui et peut-être demain des
salaires.
Le gouvernement s’est donc engouffré dans cette
brèche.
La journée d’action du 17
juin a une réalité : défendre la « Position commune » toute la
« Position Commune » et rien que la « Position
Commune » ; et en apparence défendre le temps de travail. Quant aux
retraites, elles sont là comme « produit d’appel » pour faire
nombre.
Aux signataires de la « Position Commune »
d’assumer les conséquences de leur signature mais qu’on ne
demande pas à l’UNSA et à ses militant(e)s de se mobiliser pour un texte qui
programme notre disparition.
Notre fibre unitaire a des limites. Hormis de nouveaux
développements, toujours possible, nous ne serons pas partie prenante de la
journée du 17 juin.
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